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Réduire l’obésité infantile en Europe grâce aux techniques nucléaires : colloque de l’AIEA au Congrès européen sur l’obésité

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« L’obésité infantile est en augmentation en Europe, et une technique faisant appel aux isotopes stables peut aider les décideurs à recueillir des données afin de mieux répondre à ce défi », a déclaré Victor Owino, de l’AIEA, devant les délégués au Congrès européen sur l’obésité, le 25 mai 2018. (Photo : P. Kaestel/AIEA)

L’obésité infantile est en augmentation partout dans le monde et devient rapidement l’un des plus graves problèmes de santé publique du XIXe siècle, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Un projet de l’AIEA présenté en mai 2018 au Congrès européen sur l’obésité (ECO 2018) aide des professionnels de la nutrition et de la santé dans dix pays européens à évaluer la composition corporelle à l’aide de techniques faisant appel aux isotopes stables. Les données recueillies permettront aux décideurs de concevoir des mesures de prévention et de lutte contre l’obésité infantile.

Le colloque organisé par l’AIEA, intitulé « Évaluer la composition corporelle pour mieux comprendre les risques liés à l’obésité infantile et pour concevoir des mesures efficaces », s’est déroulé parallèlement à l’ECO 2018. Des études de cas menées en Bosnie-Herzégovine et en Lettonie ont été présentées afin d’expliquer comment la technique de dilution de l’oxyde de deutérium est utilisée pour mesurer avec précision la graisse corporelle comme facteur de risque d’obésité parmi les enfants d’âge scolaire dans ces deux pays. Les informations obtenues dans le cadre de ce projet contribueront à la formulation de politiques et de mesures visant à réduire l’obésité en Europe. Ces deux pays participent déjà à l’Initiative de l’OMS pour la surveillance de l’obésité infantile.

Charge de morbidité croissante liée à l’obésité infantile

D’après l’OMS, un enfant de onze ans sur trois en Europe et en Asie centrale est en surpoids ou obèse. Les modifications des habitudes alimentaires, les modes de vie sédentaires et le manque d’activité physique sont les causes principales de l’augmentation des taux d’obésité. Faute d’intervention, les enfants qui sont en surpoids ou obèses le resteront probablement à l’âge adulte et auront plus de risque de développer plus tôt des maladies non transmissibles, comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.

« Étroitement lié aux stratégies régionales de l’OMS concernant l’obésité infantile et la prévention des maladies non transmissibles, le projet fournira des données factuelles indispensables à la formulation de politiques et de mesures efficaces », a expliqué Inese Siksna, nutritionniste à l’Institut letton de la sécurité alimentaire, de la santé animale et de l’environnement.

Suivi rigoureux de l’obésité

Durant le colloque, des experts de l’AIEA ont discuté de la façon dont la composition corporelle pouvait servir d’outil pour suivre avec rigueur l’obésité, et des représentants de l’OMS et d’autres partenaires ont débattu de l’importance de l’obtention de données précises à l’aide de techniques faisant appel aux isotopes stables en vue de l’élaboration de politiques.

Aida Filipović Hadžiomeragić, de l’Institut de santé publique de Bosnie-Herzégovine, a souligné qu’il était important de collaborer pour mettre en commun les compétences et les connaissances de chacun. « Les ateliers et les formations déjà organisés ont grandement aidé des représentants de la Bosnie-Herzégovine, tels que des médecins, des infirmiers et des techniciens, à acquérir les compétences et le savoir-faire nécessaires pour évaluer la composition corporelle au moyen de la technique dilution du deutérium par spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (IRTF) et de l’analyse de l’impédance bioélectrique, ainsi que pour recourir à l’accélérométrie en vue de mesurer les niveaux d’activité physique et le comportement sédentaire des enfants », a-t-elle ajouté.

L’AIEA a fourni des spectromètres IRTF aux autorités compétentes d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, de Grèce et du Monténégro en vue de les aider à analyser l’enrichissement en deutérium des échantillons de salive prélevés dans chacun des dix pays participants. Le projet est mis en œuvre dans le cadre du programme de coopération technique de l’AIEA.

Selon Inese Siksna, la technique de dilution du deutérium peut aussi servir de référence pour valider les méthodes existantes de dépistage et de suivi de l’obésité en Lettonie.

Le colloque a été organisé en collaboration avec le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, l’Association européenne pour l’étude de l’obésité et le programme de recherche multidisciplinaire N8 AgriFood, qui rassemble huit universités du Nord de l’Angleterre.

Les pays suivants ont participé au projet : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Grèce, Hongrie, Lettonie, L’ex-République yougoslave de Macédoine, Moldova, Monténégro, Portugal et Ukraine. L’AIEA les aide à coordonner l’ensemble du projet et leur offre du matériel, des services d’experts ainsi que des formations.

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