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L’AIEA aide le Burkina Faso à renforcer la lutte contre la tsé-tsé.

2017/5
Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)

L’Insectarium de Bobo-Dioulasso (photo : AIEA)

Le Burkina Faso a inauguré aujourd’hui la plus grande installation d’élevage d’insectes d’Afrique de l’Ouest afin d’utiliser une technique nucléaire pour réduire la population de mouches tsé-tsé, insecte nuisible tant pour les humains que pour les animaux. L’installation a été construite avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en coopération avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans l’intention de contribuer à lutter contre l’une des maladies du bétail les plus dévastatrices d’Afrique, le nagana.  

L’Insectarium de Bobo-Dioulasso est une installation d’élevage de masse qui aidera la région à utiliser la technique de l’insecte stérile (TIS) - sorte de méthode de contrôle des naissances - pour réduire les populations de tsé-tsé.

La TIS utilise des rayonnements pour stériliser les insectes mâles, qui sont élevés en grand nombre, puis lâchés pour qu’ils s’accouplent avec les femelles sauvages. Comme cela ne donne pas de descendance, la population ciblée diminue progressivement, et peut même être éliminée. 

« L’AIEA aide le Burkina Faso depuis les années 1990, époque à laquelle le pays a été le premier à utiliser la technique en Afrique de l’Ouest pour lâcher des mouches mâles stériles dans le cadre d’une tactique de lutte contre la tsé-tsé qui a donné de bons résultats », a déclaré Aldo Malavasi, Directeur général adjoint du Département des sciences et des applications nucléaires, lors de l’inauguration de l’installation, à laquelle assistaient M. Filiga Michel Sawadogo, Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, représentant le premier ministre du pays, ainsi que plusieurs autres ministres et personnalités.

L’installation pourra produire 300 000 mouches mâles stériles par semaine. Dans le cadre de son programme commun avec la FAO, l’AIEA a formé des techniciens en ce qui concerne l’élevage, l’irradiation et le lâcher des insectes, et a fourni des conseils techniques et du matériel. Elle a aussi fourni la première colonie de mouches provenant de ses laboratoires en Autriche et d’un laboratoire partenaire en Slovaquie pour aider le Burkina Faso à commencer la production.

La lutte contre la tsé-tsé est une préoccupation majeure en Afrique, car son impact sur l’agriculture, l’élevage et les humains entrave considérablement les efforts de développement. 

Cette mouche hématophage tue plus de trois millions de têtes de bétail chaque année en Afrique subsaharienne, entraînant des pertes annuelles de 4,5 milliards de dollars des États-Unis pour l’agriculture locale. Les tsé-tsé transmettent la trypanosomose, parasite qui cause le nagana, maladie dégénérative du bétail. Dans certaines parties de l’Afrique, la mouche est aussi responsable de la propagation de la « maladie du sommeil » chez l’homme.   

« Dans certaines conditions écologiques, la TIS peut être un élément clé des stratégies de lutte contre la tsé-tsé, en complément d’autres méthodes, comme le piégeage des mouches et les insecticides », selon M. Malavasi.

L’inauguration marque une étape importante, non seulement pour le pays, mais aussi pour l’efficacité de la lutte contre la tsé-tsé à l’échelle régionale en Afrique de l’Ouest, a-t-il ajouté.

Dans le cadre de son programme de coopération technique, l’AIEA contribue depuis des décennies à l’application de la TIS pour lutter contre des insectes ravageurs dans le monde entier grâce à des activités de recherche et de formation, à des services d’experts et à la fourniture de matériel. Elle a aussi appuyé l’éradication ciblée de la tsé-tsé sur l’île d’Unguja, à Zanzibar, et aide actuellement le Sénégal et l’Éthiopie à réduire leurs populations de tsé-tsé.

En mai 2017, la troisième Conférence internationale AIEA/FAO sur la gestion des insectes ravageurs à l’échelle d’une zone examinera comment intensifier l’application de diverses tactiques de lutte contre les insectes ravageurs, y compris les moustiques vecteurs de maladies humaines comme le virus Zika, la dengue et le paludisme.

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