Réunion à Londres d´un Forum Sur La Crise du Cancer en Afrique
4 Mai 2007 | L´Afrique est au bord d´une é pidémie de cancer, avec plus d´un million de nouveaux cas par an d´ici 2020. Si sensibiliser à cette menace est l´un des plus grands défis auxquels est aujourd´hui confrontée la communauté sanitaire mondiale, y trouver des solutions constitue un défi encore plus grand. Et c´est pour le relever que le Consortium sur le cancer en Afrique de l´Université d´Oxford (AfrOx), en collaboration avec l´Agence internationale de l´énergie atomique (AIEA), réunit certains des plus grands spécialistes du cancer du monde ainsi que des décideurs à Londres (Royaume-Uni), les 10 et 11 mai 2007. Les services de traitement du cancer en Afrique sont désespérément insuffisants. La radiothérapie, qui permet de sauver des vies et est utilisée efficacement sur plus de 50% des malades du cancer dans le monde développé, n´est disponible que dans 21 des 53 pays africains, soit moins de 20% de la population totale. Le manque de ressources et d´infrastructure de base empêche des millions de gens d´avoir accès au dépistage, au diagnostic précoce, aux traitements et aux soins palliatifs. Qui plus est, presque 45% des décès dus au cancer en Afrique sont imputables à des infections virales endémiques, à une nutrition inappropriée et à l´usage répandu du tabac. "De nombreuses vies pourraient être sauvées en Afrique grâce à des stratégies de prévention et des investissements dans des programmes de lutte exhaustifs", estime Massoud Samiei, chef du Programme d´action en faveur de la cancérothérapie (PACT) de l´AIEA. "Le PACT cherche à mobiliser de nouvelles ressources pour permettre aux pays africains de développer de manière durable la radiothérapie et le traitement du cancer." La réunion sur la lutte contre le cancer en Afrique se penchera sur la crise de plus en plus aiguë du cancer en Afrique et élaborera des stratégies pour des programmes nationaux de lutte qui font si cruellement défaut. Elle servira en outre de forum aux spécialistes du cancer et aux responsables de la santé pour évaluer les priorités, en tenant compte des besoins et des ressources disponibles. En organisant cette réunion à Londres, ses initiateurs espèrent placer ce problème au cœur des priorités sanitaires mondiales et obtenir l´appui et de nouveaux financements des gouvernements européens pour lutter contre le cancer en Afrique à travers des programmes internationaux communs. "Nous avons une opportunité unique d´élaborer un modèle durable pour mettre des traitements exhaustifs du cancer à la disposition des pays africains", estime David Kerr de l´Université d´Oxford et d´AfrOx. "Nous créerons des partenariats entre les réseaux établis de lutte contre le cancer en développement, et offrirons des possibilités d´enseignement et de recherche ainsi qu´un ethos utilitaire propice au traitement égal des malades du cancer dans le monde." Selon l´Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer est responsable de 12,5% des décès dans le monde – et tue donc plus que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme réunis. Alors qu´il était jadis considéré comme une maladie des riches, les choses ont radicalement changé et au cours de la prochaine décennie, environ 70% des nouveaux cas seront enregistrés dans le monde en développement. Mais confrontés à de multiples défis sanitaires, de nombreux pays pauvres sont incapables de faire face au problème de plus en plus pressant du cancer. L´OMS appelle à un effort concerté pour traduire les connaissances actuelles sur le cancer en action afin de sauver des vies et de prévenir des souffrances plus grandes. Le PACT a été lancé en 2004 par l´AIEA en réponse à la crise de plus en plus grave du cancer dans le monde en développement et pour appuyer l´appel à l´action de l´Union internationale contre le cancer (UICC) et de l´OMS. Tout en s´appuyant sur l´expérience acquise par l´AIEA dans le transfert de la technologie et des compétences de radiothérapie à ceux qui en ont le plus besoin, le PACT entend participer à une alliance mondiale pour aider les pays à revenu faible ou intermédiaire à lutter contre le cancer dans un cadre global et multidisciplinaire. Il travaille actuellement en partenariat avec plusieurs organisations*, dont l´OMS, et œuvre pour une coopération plus étroite avec l´Union européenne (UE) dans le domaine de la prévention et de la lutte contre le cancer en Afrique. AfrOx est une nouvelle organisation ayant pour but de mettre des traitements exhaustifs du cancer à la disposition de l´Afrique. Elle travaillera en partenariat avec le PACT/AIEA et d´autres institutions pour sensibiliser la communauté internationale à l´ampleur de l´épidémie de cancer, et œuvrera pour élaborer à l´intention des pays africains des programmes nationaux durables de lutte contre le cancer basés sur l´expérience et dotés de ressources appropriées. Werner Burkart, Directeur général adjoint de l´AIEA, assistera à cette réunion qui sera présidée par Alan Milburn, ancien secrétaire à la santé du Royaume-Uni. L´un des principaux orateurs sera Hilary Benn, secrétaire au développement international du Royaume Uni. Le forum sur la lutte contre le cancer en Afrique est ouvert à un maximum de 140 délégués. Les participants ont un rôle central dans la mise en œuvre des stratégies de lutte contre le cancer. Ils comprennent les ministères de la santé des 19 pays africains suivants : Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Gabon, Ghana, Lesotho, Libye, Malawi, Maroc, Maurice, Mozambique, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sierra Leone et Zambie. Sont également invités, d´éminents médecins et professionnels de la santé africains, de nombreux oncologues renommés du monde, des membres et des conseillers du gouvernement du Royaume-Uni, des organisations et des œuvres caritatives engagées dans la lutte contre le cancer (Organisation mondiale de la santé (OMS), Réseau international pour l´étude et le traitement du cancer (INCTR), Institut national du cancer des États-Unis (NCI), Société américaine du cancer (ACS), Union internationale contre le cancer (UICC), Organisation africaine pour la recherche et l´enseignement sur le cancer (OAREC), Institut national de recherche sur le cancer (Royaume Uni), Breakthrough Breast Cancer, Association africaine des soins palliatifs et Help the Hospices)), des représentants de l´industrie pharmaceutique (GSK, Roche, Novartis, GE Healthcare et Eli Lilly), la Fondation Gates, la Banque africaine de développement et des banques d´investissement. Deux points de presse seront organisés au lieu et aux dates ci-après: Lieu: The Reform Club, 104 Pall Mall, Londres, SW1Y 5E Dates: jeudi 10 mai de 9 heures à 10 heures et vendredi 11 mai de 16 heures à 17 heures. Étant donné que seuls 25 journalistes pourront assister à chaque point de presse, les personnes intéressées sont priées de s´inscrire à l´avance.
* Les partenaires du PACT comprennent l´OMS, l´UICC, le CIRC, l´INCTR, l´ACS, le NCI, le Tata Memorial Centre et MDS Nordion.

